Par Zhang Shanhui - Présentatrice, Chroniqueuse de CGTN
4,5 % -5% pour la Chine, ce n’est pas faible En 2026, la Chine fixe son objectif de croissance entre 4,5 % et 5 %. Certains médias parlent déjà de ralentissement. Mais posons une question simple : pour la deuxième économie mondiale, une croissance proche de 5 %, est-ce vraiment faible ? Très peu de grandes économies aujourd’hui sont capables de croître à ce rythme. Et surtout, un chiffre est souvent oublié : la Chine contribue encore à environ 30 % de la croissance mondiale. Autrement dit, près d’un tiers de la croissance mondiale dépend toujours de l’économie chinoise. Donc le vrai débat n’est peut-être pas « la Chine ralentit ». Le vrai débat est plutôt : la Chine change de modèle.
Une fourchette qui donne plus de marge Ce qui est intéressant, c’est que l’objectif est présenté sous forme d’intervalle.Ce n’est pas la première fois que la Chine utilise cette méthode. En 2016, au début du treizième plan quinquennal, l’objectif était déjà fixé entre 6,5 % et 7 %, justement pour garder une marge d’adaptation dans une période de transformation économique. Aujourd’hui, la logique est assez similaire. La Chine s’est déjà fixé un objectif stratégique : doubler le PIB par habitant d’ici 2035 par rapport à 2020. Pour y parvenir, une croissance moyenne d’un peu plus de 4 % par an suffit sur la prochaine décennie. Donc une cible entre 4,5 % et 5 % reste parfaitement cohérente avec cette trajectoire. Et puis, il faut aussi regarder le contexte international. Entre les tensions géopolitiques, les chaînes d’approvisionnement qui se recomposent et une incertitude économique mondiale plus forte, fixer un objectif trop rigide pourrait provoquer des réactions excessives des marchés. Une fourchette permet au contraire d’introduire plus de flexibilité et de laisser davantage de marge à la politique économique.
La vraie question : la qualité de la croissanceAu fond, le débat ne porte pas seulement sur un chiffre. Pendant longtemps, la performance économique se mesurait surtout à la vitesse de croissance du PIB. Aujourd’hui, la priorité est davantage la qualité de cette croissance : innovation technologique, montée en gamme industrielle, transition énergétique, développement de l’économie numérique. La question n’est plus seulement combien l’économie croît, mais comment elle croît. Le rôle de la Chine évolue progressivement : longtemps décrite comme « l’usine du monde », elle devient aujourd’hui un acteur central de l’innovation technologique et de l’économie numérique.
Le développement économique n’est pas un sprint Au fond, le développement économique n’est pas un sprint. C’est un marathon.Dans un marathon, ce qui compte n’est pas la vitesse des premiers kilomètres, mais la capacité à tenir la distance. À ce niveau-là, la Chine reste l’un des principaux moteurs de l’économie mondiale. Cette trajectoire de long terme contribue aussi à apporter davantage de stabilité à l’économie mondiale.