Des "Deux Sessions" de Beijing à la découverte de Zhejiang : carnet d'itinéraire journalistique

Par Héribert-Label Élisée Adjovi - Gouverneur du Magazine Panafricain de Diplomatie et de Relations Internationales "Le Label Diplomatique", Président du Caucus des Journalistes Africains pour la Communauté de Destin du Sud Global et Président du Groupe de Réflexion de Xi'an pour la Coopération et le Développement Sino-Africains

De la solennité des "Deux Sessions" dans la capitale Beijing aux découvertes multiples de la province du Zhejiang, ce carnet de retour à Cotonou retrace l’expérience d’un journaliste africain invité à observer, comprendre et témoigner. Entre institutions et provinces, entre protocole et rencontres, la Chine se dévoile dans ses multiples visages, du 4 au 14 Mars 2026.

Beijing et les "Deux Sessions"

La capitale chinoise s’est parée de solennité pour accueillir la 4ᵉ Session de la 14ᵉ Conférence Consultative Politique du Peuple Chinois (CCPPC - le 4 Mars 2026) et la 4ᵉ Session de la 14ᵉ Assemblée Populaire Nationale (APN - le 5 Mars 2026). Dans les vastes salles du Grand Palais du Peuple, les drapeaux rouges et les symboles de l’État encadraient un rituel millimétré, où chaque geste semblait porter la mémoire d’une longue tradition politique. Ceci, en présence du Président XI Jinping, témoin fidèle et garant de la souveraineté du Peuple Chinois.

Les cérémonies d’ouverture, marquées par la discipline et la gravité, donnaient le ton : la Chine se présentait comme une nation en dialogue avec elle-même, soucieuse de conjuguer stabilité et innovation. Les discours officiels insistaient sur les priorités du moment — développement économique, modernisation technologique, équilibre écologique, ouverture internationale.

En marge des "Deux Sessions", j'ai eu l'occasion de réaliser, en partenariat avec CGTN-Français, une série d'interviews, notamment avec l'Ambassadeur du Bénin à Beijing, Franck Eugène Wilfried Adjagba et le Fondateur - Directeur Général d'Impact Plus, Marcel Effon. En même temps, j'ai participé à des émissions organisées par CGTN-Français, en particulier deux tables rondes, l'une sur les "Deux Sessions" et l'autre sur la Conférence de presse annuelle de haute qualité animée par le célébrissime Ministre Chinois des Affaires Etrangères, Wang Yi.

Pour un journaliste étranger, assister à ces assises, c’est pénétrer au cœur d’un système politique singulier, où la consultation et la planification collective occupent une place centrale. L’impression dominante est celle d’une organisation rigoureuse, mais aussi d’une volonté de montrer au monde une image de cohésion et de confiance dans l’avenir.

Au-delà des chiffres et des résolutions, ce qui frappe, c’est l’atmosphère : un mélange de protocole solennel et d’énergie contenue, comme si chaque participant portait la responsabilité d’un projet national plus vaste que lui. Dans ce décor monumental, j’ai ressenti la force symbolique d’un pays qui se raconte à travers ses institutions, et qui invite ses partenaires étrangers à observer, comprendre et relayer ce récit.

Le Zhejiang, entre tradition et modernité

Après l’intensité protocolaire des "Deux Sessions" à Beijing, le voyage dans la province du Zhejiang a ouvert une autre fenêtre sur la Chine. Ici, le rythme change : les grandes salles de délibération laissent place aux paysages vallonnés, aux rivières sinueuses et aux villes dynamiques où l’innovation côtoie la tradition. Nous avons effectué le trajet Beijing-Zhejiang par train à l'aller (le 11 Mars 2026) et par voie aérienne au retour (le 14 Mars 2026).

Avec mes confrères africains et est-européens - nous étions une vingtaine -, nous avons découvert une Chine plus intime, celle des marchés animés, des villages préservés et des zones industrielles en pleine expansion. Le Zhejiang, réputé pour son dynamisme économique, incarne cette capacité chinoise à conjuguer héritage culturel et modernisation accélérée.

Chaque visite était une leçon : dans les entreprises, la technologie et l’esprit d’innovation révélaient une Chine tournée vers l’avenir. Ce contraste entre la solennité des institutions et la vitalité des provinces m’a marqué : pour mon 8ème voyage en Chine, il me rappelle que la Chine ne se résume pas à Beijing, mais qu’elle est un ensemble de territoires vivants, chacun porteur d’une identité forte.

Au fil des rencontres, j’ai senti une proximité inattendue : les préoccupations des habitants du Zhejiang - développement durable, équilibre entre tradition et modernité, ouverture au monde - résonnent avec celles de nombreux pays africains. Ce voyage fut donc plus qu’une découverte culturelle : il fut un miroir, une invitation à réfléchir aux convergences possibles entre nos continents.

Au Deuxième hôpital affilié à la Faculté de Médecine de l’Université du Zhejiang (SAHZU), la rigueur scientifique et l’innovation médicale témoignaient d’une volonté de placer la santé publique au cœur du développement. La visite de Unitree Robotique confirmait cette ambition technologique : les robots quadrupèdes, conçus pour des usages civils et industriels, incarnaient une Chine tournée vers l’avenir.

Le Centre d’exposition urbaine de la Cité des sciences et technologies du futur de Hangzhou offrait une vision prospective : une ville pensée comme laboratoire d’innovation, où l’urbanisme épouse la technologie. À l’Université du Zhejiang, l’excellence académique et la recherche internationale rappelaient l’importance de l’éducation comme moteur de coopération. Rokid est pionnier de la réalité augmentée (RA) et de l'IA, spécialisé dans les lunettes connectées légères et le divertissement virtuel. Leurs modèles, comme les Rokid Max et les nouvelles Rokid Glasses (2025/2026), offrent un écran Micro-OLED haute résolution pour le cinéma, le jeu et l'IA, se connectant via USB-C à divers appareils.

Mais le voyage ne fut pas seulement institutionnel. Au Village de Xinchangle, la rencontre avec les habitants et la découverte des traditions locales apportaient une dimension humaine et culturelle, ancrée dans la mémoire rurale. La Cité internationale de la joaillerie de Chine orientale et la Zone commerciale internationale de Yiwu révélaient quant à elles la puissance des échanges commerciaux, où artisanat et globalisation se croisent.

Le Centre mondial du commerce numérique illustrait la transition vers une économie connectée, où la Chine se positionne comme acteur majeur du e-commerce mondial. Enfin, la Communauté de montagne Jiming offrait un contraste apaisant : un espace de vie où nature et culture se conjuguent, rappelant que le développement ne peut se concevoir sans harmonie avec l’environnement.

De Beijing à Zhejiang, des salles solennelles du Grand Palais du Peuple aux villages de montagne, ce voyage fut une traversée des multiples dimensions de la Chine. Le cérémonial dans la capitale m’a montré la discipline et la vision stratégique d’un pays en mouvement ; les visites-guidées en province m’ont révélé son humanité, sa créativité et ses aspirations partagées.

En tant que journaliste africain, j’ai perçu des résonances fortes : la quête de modernisation, l’importance de l’éducation, la vitalité des échanges commerciaux, mais aussi la nécessité de préserver les traditions et l’environnement. Ce carnet de retour est donc plus qu’un récit de voyage : il est une invitation à réfléchir aux convergences possibles entre la Chine et l’Afrique, et à bâtir des ponts durables entre nos continents.

Conclusion

Ce voyage en Chine, du protocole solennel des "Deux Sessions" aux découvertes multiples du Zhejiang, fut bien plus qu’une mission journalistique. Il a été une traversée des contrastes : entre institutions et province, entre technologie de pointe et traditions vivantes, entre débats nationaux et rencontres locales.

Chaque étape - qu’il s’agisse du SAHZU, de Unitree Robotique, de l’Université du Zhejiang, des marchés de Yiwu ou du village de Xinchangle - a révélé une facette d’un pays en mouvement, soucieux d’innover sans perdre son âme. J’ai vu une Chine qui se raconte à travers ses institutions, mais aussi une Chine qui se vit au quotidien, dans ses communautés, ses savoir-faire et ses ambitions partagées.

Pour l’Afrique, ce récit est une invitation : invitation à observer, à dialoguer, à coopérer. Les résonances sont fortes - dans la quête de modernisation, dans l’importance de l’éducation, dans la vitalité des échanges commerciaux, mais aussi dans la nécessité de préserver nos traditions et nos environnements.

Ce carnet de retour n’est donc pas une simple chronique de voyage. Il est un pont, une passerelle entre continents, une promesse que nos regards croisés peuvent nourrir une compréhension mutuelle et bâtir des alliances durables. La Chine m’a montré ses visages multiples ; à nous, Africains, de répondre par nos propres récits et de tracer ensemble les chemins d’un avenir partagé. Dans la pure dynamique de la communauté d'avenir partagé pour l'humanité, trois ans après l'Initiative pour la Civilisation Globale. Des propositions qui nous viennent du Président XI Jinping, adoptées par plus de 150 nations et organisations internationales.