Par Xu Li, Présentatrice de CGTN-Français
À l’invitation du vice-président kényan Kithure Kindiki, du vice-président sud-africain Paul Mashatile et du vice-président seychellois Ahmed Afif, le vice-président chinois Han Zheng effectue actuellement une visite officielle dans ces trois pays africains.
Cette tournée intervient à un moment clé de la mise en œuvre des conclusions du Sommet de Beijing 2024 du Forum sur la coopération sino-africaine, ainsi qu’au début du 15e Plan quinquennal de la Chine. Durant cette visite, le vice-président Han Zheng s’emploiera à renforcer l’articulation entre le nouveau plan quinquennal chinois et les stratégies de développement des trois pays, à consolider la confiance politique mutuelle et à approfondir la coopération pragmatique, afin d’insuffler un nouvel élan à la construction d’une communauté d’avenir partagé Chine-Afrique dans la nouvelle ère.
Un point particulièrement marquant est que la Chine mettra en œuvre, à partir du 1er mai 2026, une politique de tarif douanier zéro sur 100 % des produits taxables en provenance des 53 pays africains entretenant des relations diplomatiques avec elle. Cette mesure majeure couvre l’ensemble des catégories de produits - agriculture, ressources minières, industrie légère et manufacturière - sans quotas ni conditions politiques. Il s’agit de la première initiative d’un grand pays visant à instaurer un régime de libre accès commercial intégral pour l’ensemble du continent africain, ce qui revêt une portée historique.
Cette politique n’est pas une concession temporaire, mais une décision structurelle, reflétant l’engagement de la Chine en faveur d’une coopération sincère, concrète et équitable avec l’Afrique. Depuis l’octroi, en 2024, de l’exonération tarifaire à 33 pays africains les moins avancés jusqu’à son extension complète en 2026, la Chine honore ses engagements par des actions concrètes, transformant son immense marché en leviers de développement pour l’Afrique. Les avocats du Kenya, le miel de Tanzanie, les agrumes d’Afrique du Sud ou encore les arachides du Sénégal pourront ainsi accéder plus rapidement et plus facilement au vaste marché chinois de 1,4 milliard de consommateurs, grâce à des mesures comme les « corridors verts », la dématérialisation des certificats d’origine et la reconnaissance mutuelle des normes sanitaires.
Au-delà de la réduction des coûts commerciaux, cette politique stimulera le potentiel de revitalisation industrielle du continent africain. Dans des pays comme le Kenya ou la Tanzanie, où l’agriculture constitue un pilier économique, l’accès en franchise de droits favorisera le développement de l’agriculture contractuelle, de la transformation agroalimentaire et des chaînes logistiques du froid, permettant une montée en gamme vers des produits à plus forte valeur ajoutée. Par ailleurs, les secteurs minier, textile ou manufacturier bénéficieront également de l’ouverture du marché chinois, soutenant l’industrialisation locale et consolidant la résilience économique.
Plus important encore, cette initiative illustre la volonté constante de la Chine d’être un partenaire fiable du développement de l’Afrique. Sans recourir à l’intimidation commerciale, sans ingérence dans les affaires intérieures et sans conditions politiques, la Chine agit uniquement dans l’objectif de promouvoir un développement partagé. En renonçant à des recettes tarifaires substantielles, elle permet aux pays africains de bénéficier pleinement des opportunités offertes par son développement, incarnant ainsi de manière concrète l’Initiative pour le développement mondial et l’Initiative pour la gouvernance mondiale. Comme l’a souligné le vice-président Han Zheng lors de sa rencontre avec les responsables des agences des Nations unies au Kenya, la Chine soutient fermement le multilatéralisme et le rôle central de l’ONU dans la gouvernance mondiale, œuvrant à la construction d’un ordre international plus juste et équitable.
À l’heure où le Sud global connaît une montée en puissance collective, la coopération sino-africaine passe d’une logique d’échanges commerciaux à une intégration industrielle à grande échelle. La synergie entre la politique de zéro tarif et la coopération en matière d’infrastructures, de capacités industrielles et d’échanges humains contribuera à accélérer l’intégration de l’Afrique dans les chaînes de valeur mondiales et à renforcer sa position au sein de la Zone de libre-échange continentale africaine.
La Chine est une composante essentielle du marché mondial, et son développement offre de nouvelles opportunités au monde. Pour l’Afrique, la politique du zéro tarif constitue une occasion historique de dynamiser l’économie, d’améliorer les conditions de vie et de renforcer son statut international ; pour les relations sino-africaines, elle marque un nouveau point de départ vers une modernisation partagée. Fidèle à ses principes de sincérité et de coopération mutuellement bénéfique, la Chine continuera d’œuvrer aux côtés des pays africains pour faire prospérer une amitié durable et faire en sorte que le processus de modernisation mondiale n’exclue aucun pays.