Xu Li - Présentatrice de CGTN-Français
Récemment, certains médias occidentaux ont remis en cause la véracité de l’éradication de la pauvreté en Chine, en s’appuyant sur des cas isolés, comme celui d’une personne âgée vivant modestement dans la province du Guizhou. Certains n’ont pas hésité à qualifier cette politique d’ « insoutenable ». Une telle lecture, partielle et réductrice, occulte à la fois le contexte historique de la lutte contre la pauvreté en Chine et les mécanismes institutionnels mis en place pour en garantir la pérennité.
Un problème de référentiel plutôt que de réalité En Chine, le seuil de sortie de la pauvreté est fixé à 2 300 yuans par an (aux prix constants de 2010). Il s’accompagne des garanties dites des « deux assurances et trois garanties » : ne manquer ni de nourriture ni de vêtements, et bénéficier d’un accès à l’éducation obligatoire, aux soins médicaux de base et à un logement sûr. Comparer ce cadre au seuil de 8,3 dollars par jour défini par la Banque mondiale pour les pays à revenu intermédiaire supérieur revient à appliquer un référentiel inadapté.
De même, les 200 yuans de dépenses mensuelles évoqués dans le cas de cette vieille dame ne reflètent pas nécessairement son niveau de vie réel : l'autoconsommation agricole, en l’occurrence les légumes cultivés et consommés sur place, représente une valeur économique qui échappe aux seules dépenses monétaires. Assimiler ces dernières au niveau de vie global traduit une méconnaissance des économies rurales de subsistance.
Frugalité choisie et pauvreté subie : une distinction essentielle Chez les personnes âgées des campagnes chinoises, la frugalité est une vertu culturelle profondément ancrée. Nombre d'entre elles, bien que bénéficiant de pensions ou du soutien de leurs enfants, choisissent de vivre de façon autonome et simple. Présenter ce mode de vie comme la preuve d’un échec des politiques publiques, c’est faire preuve d’un cruel manque d’empathie mais surtout cela revient à imposer une grille de lecture étrangère à la réalité sociale chinoise.
Un dispositif de prévention du retour à la pauvreté encore peu compris La Chine n'a jamais considéré la victoire de 2020 comme un aboutissement. Elle a mis en place le plus grand système d’alerte au monde pour prévenir le retour à la pauvreté, garantissant une détection et une assistance précoces. Grâce à des plateformes numériques, des alertes s’activent automatiquement en cas de maladie, de catastrophe ou de chute soudaine de revenus, permettant une intervention rapide et ciblée dans des délais stricts. Il s'agit d'un mécanisme permanent, et non d'une simple « opération ponctuelle ».
Parallèlement, la Chine renforce son soutien à l’emploi. La ligne politique adoptée en 2026 exige qu’au moins un membre en âge de travailler, issu des foyers vulnérables, accède à un emploi : une mesure encadrée par des évaluations régulières, des responsabilités claires et des moyens adaptés.
Une dynamique de long terme La pérennité de l’éradication de la pauvreté en Chine repose sur une exécution institutionnelle rigoureuse et un engagement constant envers le bien-être de sa population. Plutôt que de juger les efforts d’un pays de 1,4 milliard d’habitants à l’aune d’un cas isolé, il est plus éclairant de considérer les familles relogées dans des logements neufs, les jeunes entrepreneurs soutenus par des microcrédits, ou encore les personnes âgées ayant désormais accès à des cliniques villageoises standardisées, autant de réalités qui illustrent concrètement l’impact de cette politique.