Par Héribert-Label Élisée ADJOVI
C'est officiel : le Président Vladimir Poutine effectuera une visite d'État à Beijing, du 19 au 20 Mai 2026 ! Une annonce officielle, confirmée ce samedi 16 Mai 2026 par un Porte-parole du Ministère chinois des Affaires Etrangères et par le Kremlin. Ce qui, de toute évidence, souligne l'importance stratégique de l'événement : la Chine parle avec les États-Unis d'Amérique, mais consolide son axe avec la Fédération de Russie.
Officiellement, cette rencontre s’inscrit dans le cadre du Partenariat global sino‑russe et du 25e anniversaire du Traité de bon voisinage, d’amitié et de coopération entre les deux grandes puissances mondiales, toutes deux membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU. À cette occasion, les discussions entre les délégations des deux pays en général et les Présidents Xi Jinping et Vladimir Poutine en particulier, porteront sur la coopération économique, énergétique et technologique, mais aussi sur les grands dossiers internationaux : Ukraine, Iran, Ormuz, Taïwan, réforme de l’ordre mondial et pressions occidentales. Plusieurs accords bilatéraux et une déclaration commune sont attendus. À l'évidence, Beijing et Moscou feront d'une pierre, deux coups : consolider leur partenariat stratégique et revisiter le passage du Président américain Donald Trump, pour peaufiner encore plus leur alliance pour un nouvel ordre mondial, où le Sud Global portera l'étendard d'une communauté d'avenir partagé pour l'humanité. Ce qui veut dire, concrètement, déconstruire le modèle ancien, où l'Occident (les États-Unis d'Amérique, l'Europe et leurs excroissances) font régner la loi de la jungle et où puissance rime avec destruction de tout ce qui prône la cohésion entre l'homme, la nature et le divin. De toute évidence, le contraste avec la visite de Trump est frappant, avant même que le Président Vladimir Poutine ne foule le sol chinois. Washington cherche à obtenir des garanties et à maintenir son influence dans un monde multipolaire. Moscou, lui, arrive dans une relation de continuité stratégique, nourrie par des années de sanctions et de rapprochement avec Beijing. Après la dislocation du bloc soviétique, le 26 décembre 1991, le Président Boris Eltsine avait cru en la sincérité de l'Occident, en accédant au "Consensus de Washington", avec son corolaire de Programme d'ajustement structurel et du tout libéral. Le résultat est un secret de polichinelle. La Fédération de Russie s'est retrouvée à genoux. Il a fallu l'accession au pouvoir du Président Vladimir Poutine en 2000, pour que la Fédération de Russie ne reprenne ses marques, sur la base de son propre modèle de développement, comme c'est le cas de la République Populaire de Chine qui a d'ailleurs dit "non" au "Consensus de Washington" (après le chaos politico-social consécutif à la "Révolution culturelle" de 1966 à 1976). À l'épreuve des faits, Beijing et Moscou sont arrivées à la conclusion que l'histoire des relations avec l'Occident a toujours été un "marché de dupes". En d'autres termes, les États-Unis d'Amérique, l'Europe et "assimilés" ne voient leurs relations avec les autres parties du monde que dans le sens de la domination, de l'exploiation, pire de la colonisation et de l'esclavagisme. La cause étant entendue, la construction des BRICS est la volonté manifeste de la Chine et de la Russie de proposer, in fine, un modèle de développement intégré de l'humanité, où il fera bon vivre pour chacun et pour tous. Le signal envoyé par l'annonce de la prochaine visite d'État du Président Vladimir Poutine en Chine est clair : la Chine dialogue avec son rival américain, mais construit son avenir géopolitique avec la Russie. Pour les capitales des BRICS et au‑delà, cette séquence illustre un basculement : l’Occident reste puissant, mais ne peut plus imposer seul les règles du jeu international. Beijing ne choisit pas entre Washington et Moscou ; elle fait les deux, mais l’axe sino‑russe apparaît désormais comme un pilier central de l’architecture multipolaire. Au reste du monde et surtout à l'Afrique de tirer les leçons de l'histoire, pour trouver son chemin, en construisant son propre modèle de développement et en nouant ses relations avec le monde, au mieux de ses intérêts. La Chine-Russie nous en donne l'exemple, aussi bien que la Chine-Afrique, qui est un miroir qui nous donne l'occasion, à partir d'elle, voire au-delà, de réussir le "miracle africain" aux multiples facettes : indépendance économique, indépendance monétaire, indépendance stratégique et sécuritaire, en un mot, l'"état de sécurité".
Le Président XI Jinping, à travers ses multiples initiatives salutaires pour une communauté d'avenir partagé pour l'humanité ( Initiative pour le Développement Global, Initiative pour la Sécurité Globale, Initiative pour la Civilisation Globale, Initiative pour la Gouvernance Globale), met Beijing au cœur de l'avenir de la planète. La visite d'État du Président Vladimir Poutine, après celle du Président Donald Trump, en est la parfaite illustration. "Berceau de l'humanité", l'Afrique doit s'en inspirer pour, Enfin, vaincre la fatalité... sur la base de son propre modèle.