Prendre appui sur les médias sino‑africains pour soutenir la politique de droits de douane nuls : une communication d'Héribert-Label Élisée ADJOVI au 7è Forum médiatique Chine-Afrique

Thème : Prendre appui sur le rôle des médias sino‑africains pour soutenir la politique de droits de douane nuls et stimuler la croissance économique et commerciale

‎Excellence, Mesdames et Messieurs, Distingués Experts, Chers participants, C'est pour moi un reel plaisir de participer à ce 7è forum sur la coopération médiatique Chine-Afrique. Raison pour laquelle, je tiens à remercier l'Institut Chine-Afrique et son Président, le Professeur YE Hailin pour cette invitation qui m’honore, à la fois, en tant que Gouverneur du Magazine Panafricain de Diplomatie et de Relations Internationales “Le Label Diplomatique”, Président du Groupe de Réflexion de Xi’an pour la Coopération et le Développement Sino-Africains et Président du Caucus des Journalistes Africains pour la Communauté de Destin du Sud Global. Je suis aussi fier de donner cette communication sur comment les médias audiovisuels chinois et africains peuvent devenir des acteurs de premier plan dans la dynamique du soutien à la politique de droits de douane nuls et stimuler la croissance économique et commerciale entre la Chine et l’Afrique.

‎‎Introduction : le contexte stratégique Les échanges commerciaux entre la Chine et l'Afrique ont atteint un niveau sans précédent, un record historique, au premier semestre 2026, grâce à l'extension, depuis le 1er mai 2026, de la politique du traitement tarifaire zéro à l'ensemble des 53 pays africains ayant établi des relations diplomatiques avec la Chine. Selon les données officielles publiées en juillet par Xinhua, le volume total des importations et exportations sino-africaines s'est élevé à 1.410 milliards de yuans (soit environ 208,9 milliards de dollars) sur les six premiers mois de l'année. Il s'agit du plus haut niveau jamais enregistré pour un premier semestre, soit une moyenne de près de 8 milliards de yuans d'échanges quotidiens. En plus, 75% des exportations chinoises vers l'Afrique sont constituées de biens d'équipement et de produits intermédiaires - des intrants productifs destinés à soutenir les processus d'industrialisation et de modernisation agricole du continent, et non des biens de consommation, a expliqué fin juillet lors d'un point de presse Lin Jian, Porte-parole du Ministère chinois des Affaires étrangères. Mais, cette politique ne peut produire des effets démultipliés et induire une plus grande croissance des échanges économiques et commerciaux sino-africains, que si elle est connue, comprise et appropriée par les acteurs économiques. C’est là que les médias en général, les médias audiovisuels en particulier, de par leur impact sur les populations, jouent un rôle stratégique. Le Président Xi Jinping qualifie régulièrement la coopération médiatique Chine-Afrique de pilier essentiel pour renforcer l’amitié, stimuler l’apprentissage mutuel entre civilisations et promouvoir un partenariat stratégique global équitable à l’ère nouvelle. Comment exploiter donc, le rôle des médias sino-africains pour soutenir la politique de droits de douane nuls et stimuler la croissance économique et commerciale entre la Chine et l’Afrique ?

‎‎1. Rôle stratégique des médias audiovisuels dans la construction de la coopération économique et commerciale sino-africaine : Dans le cadre d’une meilleure compréhension des populations cibles de la coopération économique et commerciale sino-africaine, les médias audiovisuels jouent un role majeur. Quand on parle de médias audiovisuels sino-africains, il faut prendre en considération toutes les chaînes de télévision, les stations de radio et plateformes numériques chinoises que sont CGTN, StarTimes, Radio Chine Internationale, China Daily, etc., ainsi que leurs homologues africains. Sous l’impulsion du Président Xi Jinping, la stratégie audiovisuelle de la Chine en Afrique vise à bâtir une “communauté d’avenir partagé”. Ces médias ne se contentent pas de donner l'information générale. Ils agissent concrètement pour le développement économique et ceci, par le partage de contenus, les partenariats techniques ainsi que les formations et échanges. Dans ce cadre, j’aimerais saluer le partenariat existant entre China Media Group et des médias du continent africain. Personnellement, je publie sur le site internet de mon magazine panafricain de Diplomatie et de Relations Internationales “Le Label Diplomatique”, des informations, souvent vidéo à l’appui, sur la coopération économique et commerciale sino-africaine en général et la politique de droits de douane nuls en partculier, en partenariat avec China Media Group via CGTN. Je réalise également des vidéos (interviews, vox populi, etc.) avec les autorités compétentes, les opérateurs économiques et autres consommateurs béninois. Des vidéos qui sont ensuite diffusées sur CGTN, ses réseaux sociaux ainsi que ses réseaux partenaires.

2- L’état des lieux de l’implication des médias audiovisuels sino-africains dans la communication autour de la politique de douanes nulles Fort de l’expérience concrète de l’implication des médias audiovisuels sino-africains dans la construction voire le renforcement de la coopération économique et commerciale sino-africaine en général, il s’avère incontournable que ces médias accroissent leur intervention en faveur d’une meilleure vulgarisation de la politique de tariffs douaniers zéro sur les produits d’exportation en provenance de l’Afrique. A mon humble avis, cette implication des médias audiovisuels sino-africains est importante à trois niveaux. Car, pemièrement, ils sont les mieux à même de faire connaître les avantages de la politique de douanes nulles aux entreprises, aux producteurs et aux consommateurs. Deuxièmement, ils sont capables de mieux expliquer aux acteurs économiques comment ça fonctionne, quelles sont les opportunités et quels en sont les bénéfices. Troisièmement, ils ont l’expérience et l’espace pour raconter des histoires positives sur les réussites commerciales et les partenariats qui marchent bien. Sur le continent africain par exemple, ils peuvent lancer des campagnes pour expliquer aux petites et moyennes entreprises africaines comment exporter vers la Chine sans payer de droits de douane. Ils peuvent aussi mettre en avant des entreprises qui ont réussi grâce à ces échanges facilités. A tout cela, il faut ajouter la nécessité de former les journalistes pour qu'ils comprennent mieux l'économie et le commerce international, afin de pouvoir expliquer ces politiques de manière simple et encourageante. Ainsi, les médias deviennent des soutiens directs des politiques publiques, en transformant une mesure économique en une opportunité réelle. Dans mon pays le Bénin, les télévisions et autres radios locales diffusent, à l’endroit des PME et des coopératives agricoles, des programmes visant à expliquer les procédures d’exportation et les bénéfices de la suppression des droits de douane. Les journaux télévisés tiennent compte des “Success stories” d’entreprises béninoises qui ont profité de la politique de douanes nulls pour exporter vers la Chine le coton, le soja, les noix d’acajou ou encore le “pain du sucre”, l’ananas béninois” très prisé sur le marché chinois. Les chaînes et radios utilisent Tiktok, Facebook Live, Youtube et WhatsApp pour diffuser des mini-vidéos orientées vers les jeunes entrepreneurs et consommateurs urbains.

‎‎3. Pour une meilleure implication des médias audiovisuels sino-africains dans la réussite de la politique de douanes nulles ‎De toute évidence, un travail réel et encourageant se fait déjà sur le terrain, pour une implication effective des médias audiovisuels chinois et africains dans l’appropriation, par les acteurs économiques, des nombreux avantages de la coopération économique et commerciale sino-africaine ; y compris ceux liés à la politique de droits de douane nuls sur les produits d’exportation en provenance de l’Afrique. Mais, pour que les médias jouent ce rôle au mieux, trois choses sont importantes : D'abord, il faut démultiplier les productions audiovisuelles entre médias audiovisuels chinois et africains, comme des documentaires ou des émissions économiques, qui montrent les bienfaits de cette coopération et les bénéfices réels que les opérateurs économiques en tirent. Ensuite, il faut, de plus en plus, utiliser les plateformes numériques comme le streaming ou les réseaux sociaux, pour toucher les jeunes qui seront les entrepreneurs de demain. Enfin, il faut renforcer les partenariats existant entre les agences de presse, les télévisions et les chaînes de radios sino-africains pour que les messages soient clairs et aient plus d'impact. Dans cette campagne de longue haleine médiatique Chine-Afrique, les nouveaux médias audiovisuels (les plateformes numériques de diffusion de contenu par internet, comme la vidéo à la demande, les réseaux sociaux et les formats interactifs),surtout ceux animés par des jeunes, ont aussi leur role à jouer. S’ils sont souvent traités de peu professionnels, ils ont l’avantage de l’audience, parce que les jeunes s’identifient à eux, ils parlent leur langage, et peuvent donc les atteindre plus facilement. Cela ramène à la sempiternelle question de la formation des professionnels et des amateurs des médias audiovisuels sino-africains, afin que les professionnels s’approprient les outils des nouveaux médias tout en demeurant professionnels et que les jeunes animateurs de nouveaux médias bénéficient des techniques de l’information et de la communication pour être, à la fois, efficaces et autant que possible, professionnels.

‎‎‎‎Conclusion et appel à l’action ‎Excellences Mesdames et Messieurs, Chers Experts, ‎Les médias en Chine et en Afrique ne sont pas juste des spectateurs. Ils participent à la croissance, créent des liens de confiance entre les dirigeants et les citoyens, et construisent la coopération. En utilisant pleinement leur potentiel, nous pouvons faire de la politique de douanes nulles un vrai moteur de prospérité partagée. Cela montrera aux populations africaines et chinoises que la coopération n'est pas juste une idée, mais quelque chose qui améliore leur vie. Je propose donc de créer une Coalition médiatique sino-africaine. Son but sera d'accompagner cette politique, pour que chaque reportage, chaque émission, chaque documentaire contribue à notre croissance commune. Ensemble, faisons de l'audiovisuel le porte-parole de la prospérité, le messager de la confiance et le partenaire du développement. Avec des confrères issus des 53 pays africains avec lesquels la Chine entretient des relatios diplomatiques, j’ai créé le Caucus des Journalistes Africains pour la Communauté de Destin du Sud Global, et avec des intellectuels issus de tout le continent, le Groupe de Réflexion de Xi’an pour la Coopération et le Développement Sino-Africains. Les guerres de 3è et de 4è générations sont celles de la communication. Les médias audiovisuels chinois et africains doivent se donner la main pour la promotion d’une communauté de destin Chine-Afrique basée sur les bénéfices mutuels, le partage de compétences et de technologies. Ensemble, nous serons forts ! Je vous remercie.