Auteure : Professeure LI Hongfeng - Doyenne de la Faculté d’Etudes africaine, Université des Langues étrangères de Beijing
De l’Antiquité à nos jours, la formation des fonctionnaires et des cadres chinois accorde une place importante à la conception du mérite politique : il s’agit de la manière dont ces derniers conçoivent le mérite politique ainsi que des moyens par lesquels ils cherchent à l’obtenir.
À propos de cette conception, plusieurs questions se posent, touchant à l’orientation et à l’efficacité de la gouvernance de l’État : quel type de mérite politique répond véritablement aux besoins du pays et du peuple ? Et comment y parvenir ? Ainsi, la conception correcte du mérite politique est une notion cruciale dans le processus de développement de la Chine. Loin d’être un terme politique abstrait, elle incarne une sagesse de développement pragmatique, tournée vers le long terme et centrée sur le peuple. Elle représente également un consensus majeur entre la Chine et les pays africains, en vue d’un développement commun et d’une amélioration du bien-être de nos populations.
À nos yeux, la conception correcte du mérite politique n’a jamais eu pour cœur une façade destinée à « se faire voir des autres », mais une action concrète visant à œuvrer au bonheur du peuple ; elle ne consiste pas à rechercher des chiffres flatteurs à court terme, mais à préserver les fondements du développement à long terme. Telle est l’image du paysan sur sa terre : peu lui importe que les mauvaises herbes soient arrachées en un instant, l’essentiel est que les cultures poussent avec vigueur et offrent une riche récolte. Peu lui importe que ses efforts soient immédiatement remarqués, l’essentiel est que la terre produise chaque année en abondance et profite aux générations futures.
Alors, quel mérite politique peut être qualifié de « correct » ? La réponse est simple : ce qui améliore véritablement la vie du peuple est un mérite politique correct ; ce qui favorise le développement durable du pays est un mérite politique correct ; ce qui permet aux générations futures d'en bénéficier durablement est un mérite politique correct. À l’inverse, rechercher des « exploits » éphémères en construisant aveuglément de grands projets en décalage avec la réalité et en négligeant les besoins des populations, détruire l’environnement et gaspiller les ressources au profit d’une croissance économique à court terme, sacrifier les intérêts concrets des masses au nom d’une prospérité apparente : un tel « mérite politique », tout brillant qu’il paraisse, est en réalité une attitude irresponsable envers le peuple et le pays.
Dans l’application de la conception correcte du mérite politique, la Chine reste fidèle au principe de la primauté du peuple. Nous ne recherchons pas une croissance aveugle du PIB ; nous consacrons plutôt nos efforts à résoudre les difficultés concrètes de la population : que les enfants aillent à l’école, que les malades se fassent soigner, que chacun vive dans un logement décent, que les paysans voient leurs revenus augmenter. Dans les campagnes, nous promouvons le redressement rural, notamment en améliorant leurs infrastructures, afin que les populations des régions reculées puissent elles aussi bénéficier des commodités de la modernité. Dans les villes, nous perfectionnons les services publics et luttons contre la pollution, de sorte que la vie des habitants urbains soit plus confortable et plus sereine. Tout ce travail d’apparence modeste, sans slogans grandioses, renforce le sentiment de bonheur de centaines de millions de Chinois : c’est là, à nos yeux, le mérite politique le plus précieux.
La conception correcte du mérite politique n’a jamais été un modèle figé ; elle doit s’adapter aux conditions nationales propres à chaque pays, répondre aux besoins du peuple et se traduire par des efforts pragmatiques et une persévérance sans faille. Elle exige des dirigeants une véritable hauteur de vue et le sens de leurs responsabilités historiques : d’une part, « le succès n’a pas besoin de m’avoir pour auteur », c’est-à-dire ne pas rechercher les « résultats visibles » durant leur propre mandat, mais ouvrir la voie au développement à long terme du pays et du peuple ; d’autre part, « le succès m’aura nécessairement pour acteur », c’est-à-dire partir du présent et accomplir avec soin chaque petite action touchant au bien-être du peuple et à son avenir.
La conception correcte du mérite politique, c’est au fond une responsabilité et un engagement, une vision et une sagesse. Elle nous enseigne que le but ultime du développement est de permettre à chacun de mener une vie meilleure et à chaque pays d’avancer d’un pas sûr sur la voie du développement durable.