Gouvernance mondiale et multipolarité : la pensée diplomatique de Xi Jinping et son ancrage dans le nouveau partenariat stratégique Chine-Bénin

Par Héribert-Label Elisée Adjovi

Dans un monde en pleine mutation, où les modèles traditionnels connaissent un essoufflement face à l'ampleur et à la complexité des défis contemporains mondiaux, la Chine propose une alternative qui fait rêver le monde. La pensée diplomatique du Président Xi Jinping s’inscrit dans une logique de multipolarité, de solidarité internationale et de respect des souverainetés nationales. Elle se traduit par l’Initiative pour la Gouvernance mondiale, lancée en 2022, qui vise à remettre l'humanité au coeur de la gouvernance mondiale et autour de quatre piliers essentiels : développement inclusif, sécurité partagée, dialogue des civilisations et réforme des institutions multilatérales.

Le nouveau partenariat stratégique Chine‑Bénin, scellé lors de la visite d’État du Président Patrice Talon à Beijing en septembre 2023, illustre parfaitement cette vision. Au‑delà des accords économiques et des projets d’infrastructures qui permettent au Bénin de partager les fruits de la modernisation à la chinoise avec son partenaire stratégique, il incarne une volonté affichée de Beijing et Cotonou d'inscrire leur coopération dans une dynamique plus large de communauté d'avenir partagé avec le reste du monde en général et le Sud global en particulier.

L'Initiative pour la Gouvernance Mondiale au coeur de la pensée diplomatique du Président Xi Jinping La pensée diplomatique du Président Xi Jinping repose sur trois axes majeurs : le respect des souverainetés nationales, la multipolarité comme antidote à l’hégémonie et la coopération gagnant‑gagnant comme moteur des relations internationales. Cette approche vise à donner une voix plus forte aux pays du Sud, longtemps marginalisés dans les instances mondiales. Parlant de respect des souverainetés nationales, cela inclut la non‑ingérence (chaque pays ayant le droit de choisir librement son modèle politique et économique) ; l'égalité des nations (grands et petits États disposent des mêmes droits dans les affaires internationales) et l'autonomie stratégique (la coopération devant renforcer la souveraineté des partenaires, non la réduire). S'agissant de la multipolarité comme antidote à l’hégémonie, il est question de refus du monde unipolaire (en s'opposant à toute velléité de domination d’une puissance mondiale sur d'autres États), d'opter pour l'équilibre des pôles (par la promotion d'un système international où plusieurs centres de décision coexistent) et de renforcer le Sud global (en donnant aux pays en développement un rôle actif dans la gouvernance mondiale). Quant à la Coopération gagnant‑gagnant, elle s'articule autour de partenariats équilibrés (chaque accord devant bénéficier aux deux parties), de développement partagé (qui passe par des investissements, notamment dans les infrastructures, la santé, le numérique et l’éducation). Tout ceci, pour construire une communauté d'avenir partagé pour l'humanité.

Au cœur de la pensée diplomatique du Président XI Jinping se trouve l’Initiative pour la Gouvernance mondiale, lancée en 2022, qui repose sur quatre piliers essentiels qui traduisent une vision pragmatique de la coopération internationale. Il s'agit de : - Développement inclusif, qui passe par l'investissement dans les infrastructures (routes, ports, aéroports, énergie et numérique) pour réduire les inégalités régionales. La réduction de la pauvreté, qui se décline en termes de programmes de coopération pour soutenir les pays en développement. Le partage des opportunités, qui concerne l'insertion des économies du Sud global dans les chaînes de valeur mondiales ; - Sécurité partagée, qui passe par la lutte contre les menaces transnationales (terrorisme, pandémies, cyberattaques et changement climatique). L'approche coopérative, qui fait référence à ce que la sécurité est conçue comme un bien commun, non comme un privilège réservé aux grandes puissances et la stabilité régionale, qui implique le soutien aux pays fragiles pour éviter les crises transfrontalières ; - Dialogue des civilisations, qui met un point d'honneur sur le respect mutuel ; en cela que chaque culture a une valeur propre et doit être ainsi reconnue. Les échanges culturels (forums, universités, médias et programmes artistiques) visant à renforcer la compréhension. La diversité comme richesse, ce qui veut dire que la modernisation ne se réduit pas à l’adaption générale d'un modèle dominant (l'occidentalisation, par exemple), mais s’appuie sur des trajectoires multiples ; - Réforme institutionnelle visant le renforcement du rôle de l’ONU : consolider son statut comme pilier de la paix et du multilatéralisme. La représentativité accrue, en donnant plus de voix aux pays du Sud global dans les instances internationales. À ce propos, la Chine soutient l'entrée de l'Afrique au titre de membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU. Le rééquilibrage des règles, qui revient à une réforme de l’architecture financière, du commerce international et de la gouvernance numérique ; des domaines où les règles actuelles pénalisent fondamentalement le continent africain.

Au demeurant, la pensée diplomatique du Président XI Jinping n’est pas seulement doctrinale : elle trouve des résonances concrètes dans des partenariats comme celui conclu en septembre 2023 entre la Chine et le Bénin. Le partenariat stratégique sino‑béninois illustre la mise en pratique de cette vision, en associant infrastructures, commerce, santé, numérique et culture à une ambition géopolitique plus large : faire de l’Afrique un acteur dont la voix compte dans la gouvernance mondiale.

La pensée diplomatique du Président XI Jinping et son ancrage dans le nouveau partenariat stratégique Chine-Bénin Lors de la visite d’État du Président Patrice Talon à Beijing (31 août – 3 septembre 2023), la Chine et le Bénin ont élevé leurs relations au rang de partenariat stratégique, scellé par une Déclaration conjointe et la signature de 13 Accords couvrant l’Économie, la Santé, le Numérique, la Formation et les Infrastructures. Ce nouveau partenariat stratégique Chine‑Bénin est une éloquente illustration de la pensée diplomatique du Président XI Jinping. Et pour cause...

Le nouveau partenariat stratégique Chine‑Bénin place l’économie et le développement au cœur de la coopération bilatérale. Il s’agit d’un cadre global visant à accélérer les grands chantiers nationaux béninois, moderniser les infrastructures et renforcer l’intégration du pays dans les dynamiques régionales et mondiales. En termes d'axes économiques majeurs du partenariat, il y a les infrastructures : modernisation du Port autonome de Cotonou, réhabilitation des corridors routiers vers le Niger et le Burkina-Faso, et projets d’assainissement urbain pour lutter contre les inondations. L'agriculture et la sécurité alimentaire, qui se décline en une coopération entre les deux pays sur la gestion du stockage des céréales et la réduction des pertes post‑récolte et le soutien logistique aux pôles agricoles prioritaires. Le développement régional, qui prend en compte le désenclavement du Grand Nord (Parakou, Natitingou, Kandi) avec des routes inter‑États et infrastructures multimodales pour stimuler l’économie locale et renforcer la stabilité face aux défis sahéliens.

Ce partenariat est une illustration pratique de la pensée diplomatique de Xi Jinping concernant la multipolarité (donner plus de voix aux pays du Sud dans la gouvernance mondiale), la solidarité, traduite par la coopération en projets concrets et durables et le "Gagnant‑gagnant", parce que le partenaire chinois offre au Bénin des opportunités de développement issu de la modernisation à la chinoise, tout en consolidant la présence chinoise en Afrique de l’Ouest.

Le nouveau partenariat stratégique sino‑béninois place le commerce et l’investissement au centre de la coopération bilatérale. Beijing et Cotonou ont convenu de renforcer leurs échanges, diversifier les filières et créer un cadre institutionnel pour attirer les capitaux chinois vers des secteurs stratégiques béninois. S'agissant des mécanismes de coopération commerciale, il y a la facilitation douanière : accords pour simplifier les procédures d’import‑export et fluidifier les flux logistiques. Faut-il le préciser, le Bénin bénéficie, à l'instar des 53 pays africains ayant établi des relations diplomatiques avec la Chine, de la mesure d'exonérations douanières appliquée sur les produits d'exportations en direction de la Chine depuis le 1er mai 2026. La diversification des exportations béninoises : au‑delà du coton, le soja, l’ananas “Pain de sucre” et les produits agro‑alimentaires trouvent désormais un débouché sur le marché chinois. Les accords bilatéraux de commerce : engagement à accroître le volume des échanges et à équilibrer la balance commerciale.Concernant les investissements stratégiques, les deux pays ont convenu de la mise en place d'un Groupe de travail sur l’investissement, par la création d’une plateforme bilatérale pour identifier les projets prioritaires et sécuriser les financements. Les investissements verts : promotion des projets durables dans l’énergie solaire, l’agriculture intelligente et les infrastructures écologiques. Les Zones industrielles : appui chinois à la mise en place de pôles industriels pour transformer localement les matières premières béninoises, en complément de ce que se fait déjà entre les deux pays dans la Zone industrielle de Glo-Djigbé et les Zones industrielle et économique spéciale de Sèmè-Kpodji.

Ce volet commerce‑investissement illustre la mise en pratique de la pensée diplomatique de Xi Jinping en termes de multipolarité (donner au Bénin une place de choix dans les échanges mondiaux), de solidarité (traduire la coopération en projets concrets et durables) et le "Gagnant‑gagnant", en offrant au Bénin des opportunités de développement tout en consolidant la présence chinoise en Afrique de l’Ouest.

Dans les domaines de la Santé, du Numérique et de la Formation, lors de la visite d’État du Président Patrice Talon à Beijing, la Chine et le Bénin ont signé plusieurs accords qui placent ces trois secteurs au cœur du nouveau partenariat stratégique. Ces volets traduisent la volonté des deux pays de bâtir une coopération durable, centrée sur le développement humain et l’innovation. Le partenariat stratégique Chine-Bénin en matière de santé couvre la coopération hospitalière : construction et modernisation d’hôpitaux, fourniture d’équipements médicaux, et appui aux services publics de santé. Étant entendu que les deux pays ont déjà des relations exemplaires dans le domaine de la santé, à travers le Centre hospitalier départemental de Lokossa, l'Hôpital d'instruction des Armées de Parakou communément appelé "hôpital chinois", et les 28 Missions techniques médicales chinoises depuis le 29 décembre 1972, date où les deux pays ont rétabli leurs relations diplomatiques. Il y a également la médecine et la recherche : échanges d’expertise médicale, formation de médecins béninois en Chine, et partenariats pour la lutte contre les maladies infectieuses. Sans oublier l'accès aux soins : programmes conjoints pour améliorer la couverture sanitaire, notamment en zones rurales.Dans le secteur du numérique, les deux pays ont conclu des accords en matière d'infrastructures digitales : développement de réseaux haut débit et modernisation des systèmes de télécommunications. De cybersécurité : accords entre le bjCSIRT (Bénin) et le CNCERT/CC (Chine) pour renforcer la sécurité du cyberespace. D'innovation technologique : soutien aux start‑ups béninoises et transfert de technologies dans les secteurs stratégiques (agriculture intelligente, e‑gouvernance). Quant à la formation et l'éducation, il y a les bourses et échanges académiques : augmentation du nombre de bourses pour les étudiants béninois en Chine. Les partenariats universitaires : coopération avec des instituts comme Ningbo Polytechnique pour former enseignants et techniciens béninois. Le renforcement des compétences : programmes de formation professionnelle dans le numérique, la santé et l’ingénierie.

Ces trois volets illustrent la mise en pratique de la pensée diplomatique de Xi Jinping et de son Initiative pour la Gouvernance mondiale en termes de développement inclusif (amélioration de la qualité de vie par la santé et l’éducation), de sécurité partagée (cybersécurité et résilience numérique comme piliers de stabilité) et de dialogue des civilisations (échanges académiques et culturels renforçant la compréhension mutuelle). En somme, la santé, le numérique et la formation constituent le socle humain du partenariat stratégique Chine‑Bénin. Ils traduisent une vision où le développement ne se limite pas aux infrastructures, mais s’étend à l’innovation et au capital humain, plaçant le Bénin au cœur des dynamiques du Sud global.

Communication et culture dans le nouveau partenariat stratégique Chine‑Bénin Le nouveau partenariat stratégique, conclu lors de la visite d’État du Président Patrice Talon à Beijing (31 août – 3 septembre 2023), intègre un volet essentiel : la communication et la culture, qui traduisent la volonté des deux pays de renforcer la compréhension mutuelle et de consolider les liens humains,... au‑delà des chiffres économiques. Le volet communication prend en compte la coopération médiatique (accords pour favoriser les échanges entre journalistes, médias publics et privés, et renforcer la régulation audiovisuelle), le partage d’expertise par le transfert de technologies et de savoir‑faire pour moderniser les institutions béninoises, notamment la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) ainsi que les forums et dialogues, qui passent par la participation active du Bénin aux forums Chine‑Afrique sur les médias, permettant de donner plus de visibilité aux voix africaines dans le débat global. À ce propos, le Bénin était représenté par son Ministre de la Communication et des Médias, Aurélie Adam Soulé épouse Zoumarou, au 7è Forum sur la coopération des médias sino-africains, du 19 au 21 août 2026. S'agissant de la culture, on peut noter les échanges culturels à travers l'organisation de festivals, expositions et programmes artistiques pour promouvoir la diversité culturelle, les Instituts Confucius et centres culturels qui visent le renforcement de l’apprentissage du mandarin et des échanges académiques. Sans oublier le dialogue des civilisations : mise en avant de la pensée de Xi Jinping sur le respect mutuel et la valorisation des cultures comme fondement de la paix.

Ce volet communication‑culture illustre la mise en pratique de l’Initiative pour la Gouvernance mondiale, à travers le développement inclusif, en donnant aux peuples béninois et chinois une place centrale dans la coopération. La sécurité partagée, qui passe par le renforcement de la confiance par la transparence médiatique et le dialogue des civilisations, par la promotion de la diversité culturelle comme pilier de stabilité.

En articulant sa vision diplomatique autour de l’Initiative pour la Gouvernance mondiale, le Président XI Jinping propose un modèle fondé sur la multipolarité, la solidarité et le respect des souverainetés. Le nouveau partenariat stratégique Chine‑Bénin, scellé en septembre 2023, en est une parfaite illustration : il ne se limite pas à des accords économiques et techniques, mais traduit une volonté affichée des deux partenaires de construire une communauté de destin au bénéfice des deux peuples, en harmonie avec la sous-région ouest-africaine voire l'humanité. Le Bénin, bénéficiant de la modernisation à la chinoise, devient un acteur du Sud global capable de s’inscrire dans une gouvernance mondiale inclusive, tout en consolidant sa souveraineté économique et culturelle.

En définitive, la pensée diplomatique du Président Xi Jinping et son Initiative pour la Gouvernance mondiale trouvent dans le cas béninois une illustration concrète : celle d’une gouvernance partagée, où la solidarité et la multipolarité deviennent les piliers d’un nouvel ordre international.